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 DEAD HEARTS ARE EVERYWHERE.

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MessageSujet: DEAD HEARTS ARE EVERYWHERE.    Jeu 30 Déc - 13:17

Le silence dans la salle de cours intrigua les esprits curieux des élèves qui s'étaient installés un à un. Tous se regardèrent, se jaugèrent, avant de concentrer une nouvelle fois leur attention sur le professeur qui semblait passionné par sa fraîche lecture. Septembre, doux mois qui avait un parfum de rentrée pour les jeunes gens. Ce si désagréable parfum qu'on avait si souvent du mal à apprécier. Installée à l'avant dernier rang, près de la fenêtre -à vrai dire, c'était sa place préférée, celle-ci- Simmy sortit une petite trousse et un cahier qu'elle déposa devant elle, sur la petite table. Un brin agacée par la situation, elle soupira. Songeant à l'instant où le cours commencerait. Commencerait-il un jour néanmoins ? Et elle s'imagina de frivoles situations. Des heures, des jours, des semaines, assise là, sans bouger, à attendre... attendre, tout simplement. Après de longues minutes hésitantes, le professeur avait fait l'appel. Et c'était quelque peu hésitante que la jeune fille avait répondu par un « présente ». Ce n'était que par pur formalité si elle avait répondu. Là ou non, elle n'en avait rien à faire dans le fond. Le cours commençait, si elle se rappelait bien, c'était au cours de français qu'elle assistait. Mais elle n'en était pas certaine. A vrai dire, elle s'était retrouvée ici en suivant naïvement sa camarade de classe qui se trouvait être sa meilleure amie, Eva. Si elle s'était trompée de cours, ce n'était pas grave. Après tout, ce n'était pas comme si c'était la première fois que cela leur arrivait. Un soupçon de sourire amusé se dessina sur les lèvres de Simmy. Cette dernière sursauta légèrement lorsqu'elle entendit la voix du professeur s'élevait dans la classe. « Racontez-moi un souvenirs d'enfance... » réussit-elle alors à entendre. Un brin suspicieuse, elle plissa les yeux, se tournant en direction d'Eva. Elle se mit alors à l'interroger : « il nous a demandé de faire quoi celui-là encore? ». A la façon dont elle venait de lui demander, la jeune fille ne put s'empêcher de ricaner. A croire que Simmy passait son temps à la faire rire cette pauvre fille. Et une énième fois, Eva se fit remarquer par le professeur. Il lui adressa un regard non sympathique et elle se tut, baissant honteusement la tête avant de daigner répondre à son amie. « Tu dois tout simplement raconter un souvenir d'enfance. ». Simmy hocha la tête pour lui signifier qu'elle avait bien compris ce qu'elle venait de lui dire.
La jeune fille balaya du regard toute la salle, voyant alors ses camarades plancher sur le sujet qui venait de l’être donné. Un soupir de sa part, et elle se mit à observer par la fenêtre silencieusement. Soufflant fortement par moment. Un léger coup dans son bras vint alors la sortir de ses songes. « Tu vas raconter quoi, toi ? » lui demanda curieusement sa meilleure-amie tout en murmurant pour ne pas s’attirer une nouvelle fois les foudres du professeur. Simmy resta silencieuse, ne répondant pas alors la question de son amie. « Moi, je vais raconter notre première dispute et mon premier baiser. Tu sais avec Luke. T’étais raide dingue de lui et malheureusement pour toi, ce n’était pas réciproque… Et le jour où je l’ai embrassé, tu m’as détesté ! » conta-t-elle dans ses murmures. « Ouais, je vois » répondit ponctuellement Simmy. La tête baissée, elle constata avec désarroi sa feuille blanche, sa page vierge de toute écriture manuscrite. Un haussement d’épaule pour se dire « tant pis, ce n’est pas grave », puis un soupir signifiant qu’il fallait s’y mettre, elle se munit d’un vieux stylo qui se trouvait dans sa trousse…

J’avais sept ans. Main dans la main avec ma sœur, je voyais défiler ces murs blancs à travers ce long couloir. J’ignorais tout bêtement où nous nous trouvions… j’avais sept ans et j’ignorais tout bonnement ce que j’étais entrain de faire. Naïveté d’une enfant qui ne savait pas encore écrire correctement son prénom, allez-vous me dire. Sans dire un mot, sans demander, je suivais ma sœur, Tammy. Tammy, Simmy… mes parents n’avaient jamais été originaux pour ce qui est des prénoms. Après de longues minutes de course folle à travers ce couloir neutre, je me trouvais entouré de toutes ces personnes au visage grave. Pourquoi ne souriaient-ils pas ? Oui, pourquoi ? Pourquoi la seule expression qu’ils pouvaient exprimer était cette anxiété naissante ? Pourquoi… encore aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à comprendre. En fait, si je l’ai compris… depuis ce jour.
De toutes ces personnes, il y avait mon père qui discutait longuement avec un homme en blouse blanche. C’était plus tard que je compris que c’était un docteur. Ils étaient tous les deux à l’écart du petit groupe. Et sans un mot, les yeux remplis de curiosité, je dévisageais une à une chaque personne qu’il y avait autour de moi. A chacune d’entre elles, j’avais donné un étrange surnom. Histoire de m’occuper l’esprit et d’oublier toutes les interrogations que je pouvais me poser. Il y avait trop de pourquoi pour moi. Tammy m’avait alors pris dans ses bras, et nous regardâmes toutes les deux notre père qui s’approcha de nous. C’était la première fois que je voyais papa avec une larme aux yeux, la première fois que je le voyais chercher ses mots… « Son état s’est aggravé… » souffla-t-il. Quel état, de qui pouvait-il bien parler. Je ne comprenais pas et malgré cela, une larme perla à mon tour sur ma joue potelée. « Que se passe-t-il avec maman ? » lui demanda Tammy. Les yeux grands ouverts, je les écoutais sagement. A présent, toutes les attentions étaient portées sur lui. Comme s’il était ce grand héro. Mon père, ce héro. Pas si héro que cela… un héro qui tendait vers zéro alors. Non, cette remarque n’a rien à faire ici, je dois l’admettre. Nous attendions tous cet instant T où mon père répondrait à la question que ma sœur lui avait posé quelques minutes auparavant. « Votre mère s’est fait hospitaliser pour une greffe du cœur, elle était gravement malade, mais elle voulait vous tenir loin de tout cela, pour ne pas vous inquiéter… mais elle a rejeté la greffe et… enfin après je n’ai rien compris à ce que ce connard de médecin vient de me dire ». Je fronçais les sourcils avant de me tourner vers Tammy et de lui demander : « elle va mourir ça veut dire ? ». Ce jour-là, j’avais compris une chose, c’était certain… que ma mère aurait pu mourir…




****


« Qui est-ce ? » demanda-t-elle à son amie qui était précieusement installée dans son lit. Elle s’était appuyée contre sa fenêtre, regardant avec curiosité les scènes de la vie quotidienne qui s’offraient gratuitement à elle. Tantôt elle apercevait ce couple se disputant pour une raison inconnu, tantôt c’était un groupe de jeunes de passage qui défilèrent tels des paons sous ses yeux. « De qui tu parles ? » reprit son amie, Penelope. « De ce mec assis sur les marches là-bas, avec sa dégaine de branleur et son air paumé. Qui est-ce ? » répéta Simmy. Intriguée ou avide de curiosité, la jeune fille qui était occupée à sa chère manucure se leva et la rejoignit. A son tour, elle lança un regard par la fenêtre. Cherchant désespérément ce mec, celui dont son amie avait remarqué sa présence depuis plusieurs longues minutes. « Ah ! » lâcha-t-elle. « Tu parles de Jamie. Jamie Daniels. Un vrai salop, ce gars. Macho qui plus est. Il a peut-être une belle gueule, mais dieu qu’il est con. » pesta-t-elle, marquant une pause. Regardant par la suite la réaction de Lane. « Vraiment ? C’est ce qu’on va voir. ». Un petit sourire rempli de malice se dessina sur les lèvres. Elle s’approcha de la fenêtre afin de l’ouvrir, jusqu’à ce que son amie l’arrêta net. « Eh ! Mais qu’est-ce que tu comptes faire là ? » dit-elle. « Mais rien, j’aère juste ! ». Penelope plissa les yeux, assez septique par les paroles de son amie. Ce n’était pas du genre de Simmy de dire cela, et encore moins de vouloir aérer la pièce comme elle venait de le dire. Non, ça ne ressemblait pas à Simmy. Vraiment pas. Le regard de Lane se posa quelques instants sur sa compagnie éphémère du jour, espérant qu’elle retourne rapidement à sa place. A croire qu’elle se doutait que Simmy attendrait qu’elle daigne s’installer à nouveau dans le lit pour ouvrir la fenêtre, cette fenêtre. Alors elle se décida à l’ouvrir. Laissant un grand courant d’entrer pénétrer dans sa chambre. « Hey Jamie ! » cria-t-elle, en se penchant légèrement en direction de ce dénommé Jamie. « Hey Connard ! » hurla-t-elle de plus belle. C’est à cette phrase que le jeune homme tourna la tête, posant son regard sur la jeune fille. Cette dernière se sentit quelque peu fier d’avoir réussi à attirer l’attention sur elle. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres. « J’avais oublié que les gars comme toi ne répondait pas à leur prénom ! » lui dit-elle rieuse. Puis elle se tut, refermant la fenêtre comme si de rien n’était. Comme si elle n’avait jamais hurlé de son balcon. Comme si elle n’avait jamais adressé la parole à ce gars. Comme si de rien n’était tout simplement.
« Putain mais qu’as-tu fait ? T’es conne ou quoi ? » répliqua aussitôt son amie. « J’avais juste envie de me marrer un peu… En tout cas, il n’a pas beaucoup de conversation. » conclua Simmy qui s’installa au côté de son amie.




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