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 STAIRWAY TO HEAVEN ϟ Reagan-Williams

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MessageSujet: STAIRWAY TO HEAVEN ϟ Reagan-Williams   Dim 13 Mar - 23:07



« VIP ». Ces trois lettres étaient imprimées noir sur blanc sur le carton d’invitation qu’il tenait dans ses mains et que son agent venait de lui remettre tandis que la limousine filait à tout allure dans les rues de Londres. Trois lettres qui ne voulaient pas dire grand chose pour lui tant elles lui semblaient désuètes et ridicules mais qui faisait apparemment de vous, pour la plupart des gens, un personnage important. Parce que c’est ce que cela voulait dire, vous étiez une « very important person » et vous aviez alors droit à toutes sortes de privilèges comme entrer dans le carré réservé aux personnes de votre rang dans les boîtes de nuit, avoir votre place en première classe d’un avion sans avoir à taper du pied, avoir la meilleure table dans n’importe quel restaurant ou qu’on vous en invente une s’il n’y avait plus de place … Il y avait des centaines de privilèges différents que le monde des simples mortels ne connaissaient pas et ne connaîtrait sans doute jamais. Mais aujourd’hui le terme était pourtant devenu trop large, il s’appliquait à n’importe quel imbécile qui avait montré ses fesses dans une série télévisée à heure de grande écoute ou alors à la dernière chanteuse à la mode dont le tube passait en boucle sur toutes les radios. Mais dans le fond, c’était à eux que ce titre stupide allait le mieux. Andrew lui, était déjà bien plus loin que ça. En fait, il l’avait toujours été. Il venait d’un autre monde, ce n’était pas un VIP, c’était un Dieu.

Descendant de l’une des plus grandes familles d’Angleterre, Andrew était né dix-septième duc de Bedford ce qui n’était pas rien, loin de là et prince, puisqu’il était l’un des descendants directs des rois de France. Merci maman. Il avait été élevé dans la richesse, goûtant dès son plus jeune âge à tout les privilèges possibles et imaginables, recevant toujours tout le respect du à son rang et ne fréquentant uniquement que la haute société. Ce n’était pas le fait d’être devenu un « people » à cause de son statut supplémentaire de chanteur et guitariste d’un groupe de rock archi-connu dans le monde entier qui allait l’impressionner. Cependant, pour l’image, il devait l’honorer au moins une fois dans l’année, ce fichu statut, et il avait pensé que le plus tôt serait le mieux. Il fallait qu’il se débarrasse de la tâche au plus vite pour passer à autre chose et pouvoir ainsi rester terrer chez lui pour les six prochains mois, à composer tranquillement ses futurs tubes avant que l’on ne lui redemande d’aller montrer ses dents extra blanches aux photographes. C’est la raison pour laquelle, une semaine plus tôt, au tout début du mois de janvier et quelques jours seulement avant son vingt-cinquième anniversaire, il avait contacté son agent pour lui demander si une quelconque soirée du genre n’était pas prévue quelque part dans le monde, ce dont il ne doutait absolument pas étant donné que certaines personnes ne semblaient rien faire d’autre de leur vie, et s’il devait s’y rendre. Son agent, déconcerté de son intérêt soudain pour les mondanités dans lesquelles il fallait le trainer habituellement mais ravi du bénéfice qu’il pourrait retirer de cette sortie, lui avait immédiatement fait part d’une soirée « ultra select » en plein cœur de la ville de Londres, dans un club appelé l’Avalon, apparemment réputé pour ses parties endiablées. Wou-Hou. Andrew avait accepté sans hésitations pour la simple et bonne raison qu’il voulait depuis longtemps retourner dans son pays d’origine et qu’il en avait enfin l’occasion. Il ne pourrait plus se cacher derrière des excuses bidon. Parce qu’il repoussait toujours ce moment, depuis des mois, des années même. Il y était passé rapidement pour des tournées mais il n’y avait plus vraiment séjourné depuis qu’il l’avait quitté « définitivement » il y a plus de sept ans.

L’isolation de l’habitacle à l’arrière de la voiture était si renforcée qu’Andrew ne percevait aucun son venant du dehors, il pouvait juste voir les gouttes de pluie qui venaient s’écraser avec violence contre les vitres teintées de la limousine. L’intérieur était simple, pas de frigo avec boissons intégré, pas de table, de jacuzzi ou toutes ces conneries inutiles que l’on pouvait trouver dans ce genre de voiture habituellement. Andrew avait été clair, il voulait juste une banquette où s’asseoir et pour le reste, il survivrait sans parce que ce qu’il aimait par dessus tout, c’était le confort et non pas le luxe. Bien sur, tout ses appartements à travers le monde étaient immenses, il possédait une île privée, un château, des manoirs, prenait toujours la meilleure chambre dans tout les hôtels où il séjournait mais c’était une simple question de confort, rien n’était jamais décoré dans l’exagération, dans l’extravagance. Les apparences, les signes extérieurs de richesse, ce n’était pas ce qui l’intéressait. De toute façon tout le monde savait qu’il était l’un des hommes les plus riches du monde, alors pourquoi le faire remarquer d’autant plus ? On parlait déjà assez de lui comme ça et attirer l’attention n’était pas ce qu’il aimait le plus au monde. Tout ce qu’il voulait c’était faire de la musique, pour le reste il aurait préféré qu’on lui foute la paix.

La voiture tourna lentement à l’angle d’une rue et Bill, son agent, tapa son épaule pour prévenir le jeune homme qu’ils étaient arrivés à destination tout en lui indiquant le trottoir du doigt. Et effectivement, cela se voyait. Une foule d’anonymes et de journalistes se pressaient contre des barrières, le tapis rouge avait été déroulé et des flashs crépitaient dans tout les sens, aveuglant quiconque se retrouvait en face de l’un d’eux. Andrew soupira et passa lentement la main dans ses cheveux, tirant un peu plus fort qu’à l’accoutumée sur ses boucles brunes. Ce n’était pas qu’il n’aimait pas sortir c’était juste que ce genre d’évènements le rebutait. Ce n’était pas une soirée, c’était une torture. Il inspira un grand coup tandis que la voiture s’arrêtait juste devant le trottoir et attendit que le portier arrive pour lui ouvrir la porte. Il n’était même pas encore sortit complètement de la voiture, un pied seulement posé sur le fameux tapis, que déjà deux journalistes s’approchaient de lui, micros tendus tels des armes et que la foule, surtout féminine, criait son nom, émettant des sortes d’ultra-sons tout à fait désagréables qui faisaient bourdonner ses pauvres oreilles. Welcome in hell.

ϟ

« Encore quelques minutes ... »
C’était ce qu’il se murmurait depuis bientôt quinze minutes, c’est-à-dire depuis qu’il se retrouvait devant cette porte, et il n’avait toujours pas bougé. C’était comme s’il craignait que quelque chose ne lui saute à la figure lorsqu’il appuierait sur la poignée, comme si ce château était une sorte de colis piégé prêt à exploser. Et d’une certaine manière c’était un peu ça, il le savait. Il avait peur que trop de souvenirs douloureux lui reviennent en mémoire au moment même où il apercevrait ces couloirs de pierres, ses portraits familiaux, ses grands escaliers et cette odeur, si particulière. Parce que c’était ici qu’il avait passé la plus grande partie de sa jeunesse, sur ce terrain qui semblait interminable, composé de milliers d’hectares, et entre les murs de ce château qui se dressait devant lui, beau et imposant. Loin dans la campagne et entouré d’une forêt dense ainsi que d’une rivière, il surplombait néanmoins, du haut de sa petite colline, tout le duché de Bedford et ses jardins étaient réputés pour être les plus beaux d’Angleterre. Et cela, ils le devaient à tout les jardiniers et serviteurs dévoués qui passaient leur temps à entretenir la propriété avec soin et attention. Ils étaient plus soucieux de l’apparence et de l’avenir de ce château que n’importe quel membre de la famille. D’ailleurs, ils étaient les seuls à y habiter tous les jours. Son père, actuel duc de Bedford et homme d’affaires qui tenait le monde entier entre ses mains, ne séjournait que très peu au château et ce n’était souvent que pour donner de grandes réceptions ou venir y travailler quelques jours « pour respirer l’air de la campagne » où il ne mettait cependant pas un pied, préférant la chaleur étouffante de son bureau et sa connexion internet. Et c’était comme ça depuis qu’Andrew était né. Sa mère quand à elle, ne s’y rendait quasiment jamais car il était déjà rare qu’elle vienne en Angleterre. Uniquement pour accoucher, et encore. Elle passait le plus clair de son temps en France et dans la capitale parisienne, entourée de pintades liftées qu’elle aimait appeler « amies » et avec qui elle promenait sa particule sur l’avenue Montaigne où elle possédait également un immense appartement dans lequel elle semblait mener, loin de sa famille, une vie assez mouvementée. Dans toute sa vie, Andrew n’avait pas du la voir plus d’un an et leurs rapports étaient toujours restés très formels, sa mère y avait travaillé avec acharnement. « Pas de familiarités, je vous prie ». Alors bien sur, avec des parents absents qui n’avaient que de l’argent à lui donner, et pour lequel il représentait pour seul intérêt le fait d’être le fils héritier qui reprendrait l’empire familial à la mort de son paternel, le jeune homme se sentait bien plus proche des employés de la maison qui l’avaient élevé et plus que tout, aimé.

Parce que c’était ça, sa grande blessure d’homme tourmenté par son passé, la faille dans sa carapace ; le non-amour que ses parents lui avaient porté, la non-attention qu’il avait reçu de leur part. Et il était ainsi comme la plupart des autres gosses de riches ; il pourrait acheter le monde quand tout ce qu’il souhaite, c’est une vie de famille normale. C’était ce qui amenait très souvent à la rébellion lorsque l’on devenait un adolescent et puis à la dépression lorsqu’on était adulte. Surtout si on était un enfant qui aurait eu tellement d’amour à donner. Tous ces sentiments enfouis, toutes ces choses que l’on a jamais dites finissent par étouffer le cœur et celui d’Andrew avait déjà suffoqué depuis longtemps.

ϟ

Anna s’afférait dans les armoires tandis que le petit ange dormait tranquillement dans son lit situé dans le coin opposé de la pièce. Il était à peine six heures du matin et la chambre était plongée dans la pénombre la plus totale ce qui obligeait la jeune femme à être très précautionneuse afin de ne pas faire de bruit en se prenant les pieds dans l’un des nombreux meubles. Elle ne voulait surtout pas réveiller le petit garçon dont elle s’occupait depuis bientôt quatre ans maintenant. Anna avait été engagée sans discussion d’ailleurs elle avait été très surprise que cela se passe aussi facilement. Elle avait eu droit à quelques questions vagues sur ses études, son expérience et c’était à peu près tout. Elle aurait pu être une tueuse en série psychopathe qu’elle n’aurait pas eu plus de mal à entrer dans le prestigieux groupe des employés de cette maison. Ils lui mettaient quand même dans les mains l’éducation de leurs enfants … Après quelques mois, elle avait compris. Ils lui avaient confié le poste de nourrice sans plus de cérémonie tout simplement parce qu’ils n’en avaient absolument rien à foutre. Tant que les enfants apprenaient ce que tout enfant de la haute qui se respecte devait apprendre, comme l’apprentissage de plusieurs langues, une initiation à l’histoire familiale et monter à cheval, la façon dont ils étaient traités leur importait peu. La jeune femme en avait été indignée et elle avait remercié le Destin que ce soit elle qui ait croisé leur route plutôt qu’une autre, puisqu’elle était tout ce qu’il y avait de plus aimante et de plus attentionnée avec eux. Ils avaient eu de la chance. Et le côté positif de cette situation, c’était que ses moindres faits et gestes n’étaient pas épier en permanence par les parents, ce qui lui laissait une grande liberté de mouvement, ainsi qu’à tout les autres employés de la maison, et elle qui ne pouvait pas avoir d’enfants, il lui semblait que c’était la plus belle alternative.

Sans le vouloir, elle laissa alors soudainement retomber la porte de l’armoire qui se referma en émettant un bruit sec. Elle arrêta tout mouvement et tourna la tête en direction du lit. La petite silhouette bougeait, emmitouflée dans ses couvertures mais ne fit aucun bruit qui prouva qu’elle s’était réveillée. Anna poussa donc un soupir en tendant à nouveau la main vers la porte de l’armoire quand la lumière s’alluma. Andrew venait d’allumer sa petite lampe de chevet et regardait la jeune femme avec un grand sourire, un de ceux ou l’on sourit aussi avec les yeux. « Maman ? » Il sembla à Anna que son cœur venait de se briser en mille morceaux sur le sol, elle l’avait vraiment entendu tomber, tandis que le petit courait, les bras tendus dans sa direction. Il était adorable, tellement beau, c’était le seul mérite que ses parents pouvaient avoir à son propos, ils l’avaient bien fait. La gouvernante ouvrit ses bras dans lesquels elle le serra tout en se mettant sur ses genoux pour se retrouver à sa hauteur. Elle avait presque les larmes aux yeux. « Je ne suis pas ta maman, Andrew » chuchota-t-elle en lui ébouriffant les cheveux une fois qu’elle avait desserré son étreinte. Et pourtant, elle aurait tellement voulu. « Mais c’est qui ma maman alors ? » Anna baissa la tête et attrapa ses toutes petites mains dans la sienne. Depuis sa naissance, il l’avait à peine vue plus de trois jours. « C’est la dame qui était là, la semaine dernière. Tu sais, celle que tu trouvais très élégante. » Le petit garçon plissa les yeux puis finit par hocher la tête, oui il se souvenait, très bien même.
« Mais elle est ou maintenant ? »
« En France mon chéri, elle habite à Paris. »
« Pourquoi ? Et pourquoi elle ne s’occupe pas de moi comme toi tu le fais ? Elle ne m’aime pas ? » demanda-t-il d’une toute petite voix.

Pauvre Anna, tu ne sais pas quoi lui répondre, n’est-ce pas ?

ϟ

« Andrew ! Andrew par ici s’il vous plaît ! »
« ANDREEEEEEEEEEEEEEEEEW ! »
« Mr. Williams, avez vous un commentaire à faire sur votre récente rupture avec la chanteuse … »
« ANDREEEEEEEEEEEEEEEEEW ! JE T’AIME ! »
« Andrew, il paraît que vous l'avez quittée pour un homme. Pouvez vous nous dire un mot là-dessus »
« Par ici ! S’il vous plait ! Tournez la tête ! »
Il aurait voulu écorcher vif celui qui avait inventé le concept de tapis rouge ou même de célébrité. C’était vraiment si difficile de faire de la musique que les gens apprécient sans que l’on ne s’intéresse à votre vie au point de vous en inventer une quand la votre ne satisfaisait pas assez l’esprit un peu trop amateur de scandale du public ? Homosexuel, et puis quoi encore ? Le jeune homme, fatigué d’entendre crier son prénom de toute part et de servir des fournées de sourires crispés aux paparazzis, envoya un signal de détresse sous forme d’un simple regard à son agent qui se précipita immédiatement à son secours, sortant de l’ombre dans laquelle il s’était enfoncé, pensant qu’effectivement, l’exposition avait bien assez duré. Il était fier de son poulain, il avait assez joué le jeu aujourd’hui. A renfort de blagues et de sourires charmeurs, ils réussirent à se frayer un chemin jusqu’à la porte du club, encadré par deux gorilles qui en imposaient assez pour que les journalistes qui les poursuivaient ne se risquent pas à l’intérieur. Bien que d’autres l'attendaient à l'intérieur, ceux qui avaient payés un peu plus cher ou avaient de meilleures contacts que les autres pour se trouver au centre de l'action, il pouvait espérer être tranquille pour au moins quelques minutes afin de reprendre ses esprits avant de devoir reprendre son marathon de sourires cette fois accompagné des différentes personnes présentes à la soirée. Andrew en connaissait d’ailleurs pas mal bien qu’il ne soit pas un habitué de ce genre de soirées. Il y avait toujours quelques personnes qui faisaient partie de la haute société et donc qu’il avait plus ou moins obligatoirement côtoyé plus jeune, il y avait des jet-setteurs auquel il ne portait aucune attention tant ils étaient encore moins intéressant que le reste, des mannequins par centaines qui espéraient se trouver un petit ami connu et friqué pour faire parler d’elle et arrondir leurs fins de mois et enfin les gens du milieu : les chanteurs, acteurs, scénaristes, compositeurs, réalisateurs, etc. Ceux qu’Andrew connaissait le mieux et vers qui il se tournait plus volontiers.

Il observa la foule qui se pressait à seulement quelques pas de lui, ils avaient tous un verre à la main et l’air complètement défoncé. C’était un peu comme lorsqu’il faisait froid, se dit Andrew, et que l’on voulait entrer dans l’eau. Au début, elle nous semblait encore plus froide et si l’on hésitait trop on risquait de rebrousser chemin, il fallait simplement s’y jeter d’un seul coup, quitte à risquer l’hydrocution. Et c’est ce qu’Andrew fit en s’éloignant ainsi de son agent sans lui demander son reste. Ce n’était certainement pas avec lui qu’il allait s’amuser ce soir. Tandis qu’il se frayait un chemin vers le bar, les gens le saluait, certains s’approchait pour lui serrer la main et taper une conversation inutile de deux secondes, des ex ou plutôt des coups d’un soir lui souriaient ou au contraire, celles qui l’aimaient le plus, le regardait de haut en bas avec un regard haineux parce qu’elles s’étaient faites jetées le lendemain matin alors qu’elles croyaient déjà voir leur idylle en première page de Hello Magazine. Les pauvres petites, si seulement elles avaient su qu’Andrew était incapable de se lier à quoique ce soit d’autre que la musique et quelques potes.

[…]

Il s’ennuyait, mortellement, tellement qu’il arrivait encore à peine à décrocher un sourire à qui que ce soit ou à lâcher ne serait qu’un mot en réponse aux questions qu’on lui posait toutes les dix minutes. Il devait bien avoir serrer trois cent mains et avoir claqué une autre bonne centaine de bises, il était lessivé. Tout ce qu’il voulait à présent c’était rentrer à l’hôtel et repartir demain à la première heure à bord de son jet privé pour regagner New-York. Il avait bien assez remplit son devoir et s’était déjà trop attardé ici. De la manière la plus polie dont il était encore capable, il écarta la jeune femme dont il ignorait totalement le nom et qui remuait pourtant son postérieur sur son bas ventre et lui lança un sourire désolé tout en cherchant à tout prix à sortir de cette espèce de marée humaine ou l’on manquait d’oxygène. Ayant perdu tout sens de l’orientation, il fit plusieurs tours sur lui-même pour essayer de trouver une porte de sortie et c’est là qu’il la vit. Elle était de dos et se frayait elle aussi un chemin parmi la foule, plein sud. Sa silhouette était fine, gracieuse mais sa démarche était tellement assurée que les gens se poussaient pour la laisser passer. Elle détonait dans cet univers morne où chaque fille ressemble autant à la précédente qu’à sa voisine. Elle n’avait rien à voir avec elles. Elle brillait parmi la foule, une véritable étoile qu’Andrew ne put s’empêcher de suivre comme une lueur d’espoir, comme si elle était un aimant et lui une bille de fer. C’était vital comme respirer ou boire, même s’il l’avait voulu, il n’aurait pu faire autrement. Cette attraction qu’il se passait entre lui et elle, était cosmique.

Elle finit par pousser une petite porte par laquelle elle disparut rapidement, laissant tout de même entrevoir que cette sortie menait à l’air libre. Il se précipita dessus et ouvrit la porte à la volée, appréciant la bouffée d’oxygène qui lui balaya instantanément le visage. Mais il ne prit pas plus de temps que cela pour s’en réjouir, remarquant à peine qu’il ne se trouvait pas exactement dehors mais dans une espèce de cour, son attention était complètement concentrée sur la jeune femme qui lui faisait face, une cigarette dans la bouche et qui essayait vainement de faire fonctionner son briquet. Une véritable déesse qui ne ressemblait effectivement en rien aux autres pauvres filles qui se trouvaient à l’intérieur. Il y avait quelque chose qui se dégageait d’elle, quelque chose de tellement fort, de tellement puissant, qu’il n’aurait pas su exprimer avec des mots ce que c’était réellement. Il savait juste qu’elle avait un effet de dingue sur lui ce qu’il ne comprenait pas parce qu’il n’avait jamais rien ressenti de tel avant et il se demandait si ce n’était pas l’alcool qui le faisait délirer. Décontenancé, sans savoir vraiment ce qu’il faisait, il se contenta de laisser son corps guider la danse et bien sur, ce dernier se dirigea immédiatement dans sa direction. Il tendit alors son propre briquet afin d’allumer sa cigarette. Une fois cela fait, sans montrer aucun signe de surprise, elle releva ses yeux verts dans sa direction. Des yeux au pouvoir d’hypnotisation. Est-ce que cette fille était véritablement réel ? Ou nageait-il en plein délire post torture ? Il avait l’impression de la connaître et cela n’avait rien à voir avec le fait qu’elle était une actrice célèbre qu’il se souvenait maintenant avoir vu sur des affiches et dans les journaux récemment. C’était comme si quelque chose à l’intérieur de lui, son âme peut-être, la reconnaissait.
« Merci » finit-elle par dire d’une voix douce en tirant sur sa cigarette. Il aurait tué pour être cette cigarette en ce moment même. « Je vous en prie. » Il en alluma une également et rangea enfin son briquet dans la poche de son blouson. Il se demandait ce qu’il pouvait bien dire, cela ne ressemblait en rien aux situations qu’il avait connu dans le passé mais il voulait éviter les questions de bases, les discussions plates dont on ne se souvient jamais. Pour une fois, il voulait qu’une fille se souvienne de lui parce que lui, il n’allait pas l’oublier même s’il n’avait aucune idée de ce dans quoi cela allait l’entraîner. Il savait juste qu’en cet instant précis, le monde entier tournait autour de cette fille, Sheyenne. Il s’en souvenait maintenant, de son nom, il l’avait vu quelques jours auparavant sur la une d’une saleté de magazine qui n’avait jamais rien raconté de vrai. Se souvent de ce qui était écrit en jaune au dessous de son prénom, il décida de se risquer dans l’humour.
« Alors votre enfant caché, il va bien ? »

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Andrew J. Williams

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